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Légendes> Les bretons et la mort

Les bretons et la mort

Le concept de la mort est très présent dans les légendes bretonnes comme autrefois dans le quotidien des bretons pour qui mourir signifiait s’en aller vers une vie meilleure. C’est avec le christianisme qui, soucieux de détourner la population des anciennes croyances païennes, instaure la crainte de la mort en satanisant certains mythes.

C’est ainsi que serait née la légende de l’Ankou (ouvrier de la mort : oberour ar maro) et que les fées des fontaines seraient devenues les Lavandières de la nuit (Kannerezed noz).

Les lavandière de la nuit :

Les lavandières de la nuit (ou de la mort) sont des âmes damnées qui hantent les campagnes. Tout au long de la nuit elles travaillent à laver, essorer et faire sécher des suaires dans l’attente d’être libérées. On dit qu’elles sollicitent l’aide de ceux qui croisent leur chemin afin d’essorer les suaires. Point alors de merci pour qui à l’instar de Wilhem Postik se laisse distraire par le spectacle des jeunes femmes, oublie les recommendations des sages et ne tourne pas le linceul dans le même sens que la lavandière : celui-ci s’enroule et se resserre autour du corps du malheureux, le vidant de tout son sang.

L’Ankou :

L’ Ankou, est la mort personnifiée. Il est représenté sous la forme d’un homme grand et maigre aux cheveux longs et blancs ou d’un squelette. Vêtu de noir ou d’un linceul, il porte un feutre noir à larges bords sous lequel brillent deux chandelles en guise d’yeux. Il arbore également une faux à tranchant en dehors qu’il lance en avant pour frapper ses victimes et qu’il aiguise avec un os humain. Debout sur sa charrette à deux chevaux dont le grincement des essieux est le pire des présages, il sillonne les campagnes en faisant pivoter sa tête à sa guise autour de sa colonne vertébrale. Ainsi, rien ne lui échappe et malheur à qui se trouve sur la route du funeste convoi !

En effet, dans certaines légendes l’Ankou tue sans faucher réellement, le simple fait de l’approcher, de l’entendre passer ou à plus forte raison d’échanger des paroles avec lui suffisent à causer la mort de la personne en question ou de l’un de ses proches.

C’est le triste sort de Fanch ar Floc'h, ce talentueux forgeron qui absorbé par son ouvrage travailla le soir de Noël jusqu’après l’heure sainte de minuit à qui l’Ankou rendit alors visite pour faire réparer sa faux. L’homme accomplit cette tâche sans se douter de l’identité de son hôte et mourut à l’aurore.

Une légende raconte également comment un jeune homme trop curieux, ayant reconnu le célèbre grincement des essieux de la charrette de l’Ankou, décida de l’observer sans se faire voir en se cachant dans une touffe de noisettes. Le convoi s’arrêta soudain et l’un des compagnons de l’Ankou s’approcha de la cachette afin de couper de quoi remplacer la cheville brisée de l’un des essieux. Se croyant tout d’abord perdu le jeune homme fut vite soulagé de voir l’Ankou s’éloigner sans remarquer sa présence… le lendemain on l’enterrait.

L’Ankou est effectivement accompagné de deux hommes qui l’aident dans sa mission, l’un tient la bride du cheval de devant, l’autre ouvre les barrières pour faciliter son passage et dispose sur la charrette les cadavres de victimes fauchées. Des pierres lestent la charrette afin de la faire grincer et que l’on l’entende ainsi venir, lorsqu’un malheureux est fauché, quelques pierres sont déchargées. Pour cette raison, on dit que lors de veillées mortuaires on entend parfois un bruit de caillasse ; c’est l’âme du défunt qui remplace une partie du lest sur la charrette de l’Ankou.

On dit que pour chaque paroisse, le dernier mort de l’année devient l’Ankou de l’année suivante. Le jour, il est également présent à travers les sculptures à son effigie qui ornent les ossuaires, ainsi il rappelle toujours aux hommes la fin à laquelle aucun ne peut se soustraire. Et ces mots gravés sur la pierre de nous mettre en garde " La mort, le jugement, l’enfer froid : quand l’homme y pense, il doit trembler ".

Auteur : Marianne

 

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